La dernière fois que j’ai parlé de jeu-vidéo sur ce blog, si on exclu le bilan de fin d’année, remonte à plus de six mois. Or durant ces six mois ce ne sont pas les jeux qui ont manqué à la maison, gros consommateur que je suis. Dans les titres les plus récents auxquels j’ai joué, j’aurais pu parler de l’excellentissimes tactical Into the Breach, du dépaysant Sea of Thieves ou des sympathiques Northgard et Surviving Mars. Mais aujourd’hui mon choix s’est porté sur deux jeux que j’ai fini dans les deux dernières semaines et qui ne partagent rien l’un avec l’autre sinon de reposer sur des choix aux enjeux importants :

Tyranny

Support : PC/Mac

Studio : Obsidian Entertainement

Éditeur : Paradox Interactive

Date de sortie : 10/11/2016

Type : RPG

Le premier des deux jeux que je veux aborder est donc le dernier jeu en date encore à ce jour du studio Obsidian Entertainment un studio spécialiste du genre RPG connu notamment pour ses travaux sur Star Wars KOTOR 2, Neverwinter Nights 2, Fallout : New Vegas, South Park : Le Baton de vérité ou encore Pillars of Eternity dont le second volet doit arriver cette année sur PC et est même annoncé sur XBOX, PS4 et Switch pour plus tard. Pillars of Eternity comme son successeur ont d’ailleurs fait l’objet chacun d’une campagne de financement via crowdfunding avec à chaque fois un grand succès (4M/1,1M pour le premier et 4,4M/1.1M pour le second). SI je parle un peu de Pillars juste avant c’est que Tyranny, s’il n’a rien à voir d’un point de vue scénaristique, utilise en revanche tout l’aspect technique aussi bien visuel qu’au niveau du gameplay que ce dernier.

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Dans les deux cas nous avons donc affaire à des RPG composé d’un groupe de quatre personnages actifs maximum, prenant part à des combats en temps réels et se déplaçant via la map entre différents lieux modélisés en 3D isométrique à l’ancienne. Autant le dire tout de suite, le titre ne brille pas par ses qualités techniques même si la patte artistique elle est loin d’être ridicule. De même la modélisation des personnages reste très sommaire bien que leur customisation en termes de stats soit elle assez complète.

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L’action de Tyranny se déroule sur le continent de Terratus, un monde à cheval entre l’âge du bronze et l’âge du fer mais où la magie occupe une grande place. Un leader surpuissant se leva un jour : Kyros, adulé tel un dieu par son peuple et il/elle entreprit de marcher sur les autres pays et royaumes un à un pour les écraser et les annexer et unifier le continent sous sa bannière. Pour mener ses armées durant cette longue campagne de plus de 400 ans, Kyros se repose sur ses plus puissants subalternes : les Archontes, personnages puissants et pratiquement immortels qui disposent chacun d’une particularité qui leur confère un titre spécifique. Le personnage du joueur s’insère dans un premier temps lors de l’assaut de Kyros contre la dernière région à annexer : Les Tiers. C’est pendant cette conquête qu’on est amené à définir les spécificités de notre personnage dans une phase de prologue textuel. Pendant cette campagne on devient un Scelleur de Destin, serviteurs principaux de l’Archonte de la Justice Tunon qui supervise la campagne menée par les troupes redoutables de disciplinées de Graven Ashe l’Archonte de la Guerre et les hordes cruelles et innombrables de l’Archonte des Secrets Nerat Polyvoix. C’est même vous qui mettez fin au conflit promulguant un décret de Kyros, un sort magique d’une puissance innommable qui dévaste de grande région en une seule fois et dont seul Kyros a le secret.

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Mais alors que les Tiers se soulèvent à nouveau au travers de diverses rebellions, vous êtes envoyés par Kyros et Tunon pour tenter de mettre de l’ordre dans cette région aussi bien déchiré par la rébellion que par la lutte que s’y livre Graven Ashe et Nerat Polyvoix. A vous de trouvez des alliés, de développer votre force et de surtout faire les bons choix pour atteindre votre but.

 Finalement pourquoi ai-je aimé ce jeu alors que j’avais fini par drop Pillars ? Probablement à cause de la fonction et du rôle du personnage qu’on incarne. Certes on a toujours le choix d’être un boucher sanguinaire, un horrible connard, un manipulateur ou quelqu’un de plutôt clément…mais on reste un membre des forces de Kyros, on fait partie des méchants et régulièrement certains personnages ne se priveront pas de vous l’envoyer au visage. A de nombreuses reprises vous aller penser prendre une « bonne décision » qui va juste se traduire par plus de mort un peu plus loin. Je n’en dirais pas beaucoup plus sur la partie histoire pour ne pas spoil et gâcher le point fort du jeu mais le grand nombre de faction opérants pour leur propre intérêt est la grande force du jeu pour moi.

Du point de vue gameplay, si je continue de préférer le tour par tour d’un Divinity, j’ai fini par m’habituer à la gestion en temps réel que j’ai gérée « à la Lolo » avec une équipe ultra-tanky qui gère sur la durée sans prendre de gros risque. Je pense néanmoins que je referais un jour le jeu en faisant des choix radicalement différents pour voir toute la partie du jeu que j’ai forcement ratée.

Ken Follett : Les Piliers de la Terre

Support : PC/Mac/Linux/PS4/Xbox One

Studio : Daedalic Entertainement

Éditeur : Daedalic Entertainement

Date de sortie : 16/08/2017

Type : Point and Click

Le second jeu du jour est donc bien différent car il s’agit d’un point and click (je dirais même histoire interactive dans la mesure où il ne faut pas vous attendre à résoudre des énigmes poussées à base d’objet) adapté d’un bestseller anglais de Ken Follet du même nom et réalisé par le studio allemand Daedalic. A noter que Daedalic est justement un grand spécialiste des jeux d’aventure point and click avec à la fois des titres plutôt historiques comme dans ce cas de figure ou plus humoristique et décalés comme la série des Deponia.

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Dans ce jeu paru en trois volets épisodiques on va se plonger dans l’Angleterre du XIIème siècle au travers de plusieurs personnages et famille sur une durée d’environ 40 ans. Au programme : difficulté du quotidien, guerre civile, complots, trahison, assassinats, toutes les joyeusetés qu’on assimile à cette période troublée où le pays se trouvait ravagé par la guerre civile à la suite de la mort de la branche principale de la famille royale dans un naufrage.

Toutes les couches de la société seront présentes dans cette histoire centrée autour de la localité fictive de Kingsbridge et la construction de cathédrale (à une période de transition entre style roman et gothique) : noble, moines, évêques, comtes, architecte, négociants ou encore hors la loi.

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Si comme dans pas mal de jeux du genre j’ai quelques doutes quant à la réelle influence de vos choix sur les événements finaux, ces mêmes choix sont quand même pour la plupart lourds de sens d’un point de vue éthique : saurez-vous faire confiance aux bonnes personnes et éviter que le malheur s’abatte sur vos proches ?

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Si le jeu n’est donc pour finir qu’une longue histoire, elle est néanmoins à la fois intéressante, appuyée par un travail de documentation sur l’époque certain et renforcée par un travail graphique de qualité et une ost sympathique. A noter que le jeu est entièrement doublé en anglais et sous-titre en français.

 

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