Retour sur un anime que j’ai marathonné récemment, sur lequel j’ai eu un gros coup de cœur et dont je n’avais encore jamais ne serait-ce qu’entendu le nom ou vu la moindre image, malgré le fait qu’il soit visiblement partiellement sorti en France en format physique à une lointaine époque (rip Beez).banner1

banner-of-the-stars-ii-115.jpgCrest of the Star (ou Seikai no Monshou en japonais) est la base une trilogie de Roman de Hiroyuki Morioka, basée dans un univers de science-fiction spatiale, publiée en 1996 et primé en tant que meilleure œuvre de science-fiction l’année suivante 1997. La publication d’accompagnera d’une suite toujours en cours intitulée Banner of the Stars (Seikai no Senki) qui compte à ce jour 5 tomes publiés en (96,98, 2001, 2004 et 2013). Deux recueils de nouvelles viennent aussi compléter l’univers en 2005 et 2007 (Seikai no Dansho). Les romans ont été publiés en partie en version anglaise (à une époque).
Dans mon cas j’ai donc vu l’anime, adaptation du studio Sunrise avec Crest of the Stars en 1999 puis Banner of the Stars I, II et III en 2000, 2001 et 2005.

Mais bon : de quoi ça parle ? Et bien l’histoire à la base de la série des Seikai est assez simple (une rencontre) mais plongée dans un univers de space-opéra à la fois très riche, dense et travaillé par son auteur, ici toute l’organisation de la Galaxie semble avoir été pensée avec finesse et un certain talent.

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Tout commence dans un système stellaire relativement isolé : le système de Hyde et sa planète principale Martine. Indépendant, le système voit débarquer en orbite la puissante flotte de l’Empire Abh, puissance majeure de la galaxie. La flotte conduite par un prince impérial négocie la reddition de la planète et son intégration à l’Empire. Finalement le dirigeant de la planète négocie contre l’avis de son gouvernement et de la population et en échange accède à la noblesse de l’Empire en tant que comte, il est alors exécuté pour trahison par son propre peuple. C’est ainsi que commence l’odyssée d’un des deux personnages principaux alias Jinto Linn son fils et bientôt nouveau comte de Hyde sous le titre complet de Linn ssynec Raucr dreuc Haïder Ghintec. Jinto va alors intégrer une académie spéciale pendant quelques années avant de faire la rencontre du second personnage principal de l’œuvre, même le personnage principal puisque dans les fait toute l’œuvre est centrée sur sa carrière à elle. Elle, c’est Lafiel Abriel, ou Ablïarsec néïc Dubreuscr bœrh Parhynr Lamhirh, princesse impériale de l’Empire et vicomtesse de Parhynr. Comme toutes les vraies Abh de naissance elle a les cheveux bleus, une très longue espérance de vie et en tant que membre de la famille impériale, des oreilles de forme allongées.
La jeune princesse, en apprentissage militaire sur un patrouilleur impérial, a pour mission d’accompagner le nouveau comte vers la capitale. Mais durant le trajet, le vaisseau est pris pour cible par une escadre de l’Union Humaine, déclenchant une guerre galactique entre l’Empire et une alliance de l’Union Humaine, la Coalition des systèmes populaires et la République du Grand Alcont. L’histoire de Crest of the Star décrit les aventures des deux adolescents tentant d’échapper à l’ennemi pour rejoindre les forces alliées. La partie Banner of the Star quant à elle, traite après une ellipse l’évolution du conflit et la place de nos deux héros qui ont intégrés entretemps la flotte spatiale de l’Empire. Chacun des arcs traitant d’une situation précise (la bataille d’Aptic et l’opération visant à détruire la flotte adverse, la crise de Lobnas II et l’opération Hunter visant à reconquérir tous les systèmes perdus durant le conflit, et la crise de la porte de Hyde).

Pourquoi j’ai tellement aimé cet anime ? Tout d’abord grâce à son univers comme je l’ai déjà dit.

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L’histoire se déroule du côté de l’Empire Abh, peuple crée à partir de manipulation génétiques sur des humains leur donnant un caractère plus stable, de grandes compétences, une longue espérance de vie et des cheveux bleus. Les Abh disposent aussi d’un organe sensoriel supplémentaire permettant l’interfaçage avec divers système informatiques. Les Abh sont une race artificielle et la plupart d’entre eux naissent vie des incubateurs artificiels.

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L’Empire Abh est très structuré autour de son organisation féodale mélangeant mérite et hérédité. Ainsi par exemple l’Empereur est désigné à intervalle régulier parmi la famille impériale en vertu des accomplissements de ses membres, chez les Abh il n’y a pas de complots ni d’assassinats… L’Empire est composé de huit royaumes, chacun appartenant à une branche de la famille Abriel bien que seul l’Empereur dispose réellement du pouvoir. Le rang des nobles de l’Empire dépend de la composition du système dont ils ont la charge, allant de Baron pour un système sans planète habitable même après terraformation, à Grand-Duc pour un système avec trois planètes habitées. Les non-nobles et même les non-Abh peuvent le devenir notamment grâce à des faits d’armes. Il est néanmoins possible de se voir retirer son titre par l’Empereur, et il n’est possible d’hériter d’un titre qu’après dix années de service dans la flotte militaire. La grande spécificité de l’Empire par rapport aux autres nations de la galaxie c’est que l’autorité des nobles et de l’Empire ne s’applique qu’à l’espace et en aucun cas à la surface des planètes qui conservent leur autonomie. Via le contrôle de la flotte, du transport et du commerce, l’Empire cherche avant tout à maintenir la paix plus qu’à imposer ses us et coutumes à l’opposé de l’Humanité Unie. La langue de l’Empire est le Baronh, langue qui est utilisée à de nombreuse reprise dans le doublage de la série, notamment pour l’introduction de chaque épisode ce qui contribue à donner du cachet à l’ensemble.

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Outre l’aspect géopolitique, le côté technologique et militaire n’est pas en reste. Dans cet univers, toute la logique spatiale repose sur l’espace Plan qui permet de voyager très rapidement entre les systèmes. Cet espace plan peut être vu comme une sorte d’espace réciproque au notre dont les notions de distance et de temps suivent des lois différentes, Ainsi deux systèmes à l’opposé de la galaxie peuvent être très proche via espace plan et inversement ce qui explique l’aspect fragmenté de l’Empire Abh sur la carte par exemple… L’entrée et la sortie de l’espace plan se fait vie des portails qui peuvent être déplacés ou réactivés dans certains cas. Plus complexe encore, un système peut avoir plusieurs portails occupant des positions différentes dans l’espace plan, ainsi la capitale de l’Empire dispose de huit portails chacun proche des huit royaumes le composant. Pour naviguer dans l’espace plan, il est nécessaire de créer une bulle spatio-temporelle autour du vaisseau (crée par un puissant générateur à antimatière) pour éviter sa désintégration, de là va en découler une grande partie des tactique militaires. En effet les bulles peuvent être fusionnées entre elles et sont aussi très dépendante de la masse se trouvant à l’intérieur…

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En effet les batailles spatiales sont un élément central et bien plutôt bien pensé. Comme souvent dans ce genre de titres, les flottes sont immenses et ça crève à tout de bras. On retrouve typiquement quatre types principaux de vaisseaux :
– Le frégates d’assaut, les plus petits, attaquant en groupe à l’aide de canons à antiprotons et dont la défense repose sur une combinaison passive/active à base de bouclier et de tourelles laser.
– Les patrouilleurs, lourds vaisseaux munis des fameuses mines spatiales et surtout de puissant railguns dont les tirs sont dévastateurs.
– Les croiseurs, version intermédiaires, emportant un grand nombre de mine.
– Les vaisseaux de support.

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On voit aussi de temps à autre des vaisseaux de type chasseur mais relativement peu présents. Comme les combats sont en grande partie avec au moins un des camps positionnés dans l’espace plan, la stratégie est assez atypique.
– L’arme principale utilisée en masse est la mine spatiale. On pourrait plutôt parler de missiles d’ailleurs, il s’agit d’une puissante charge antimatière, propulsée et disposant de son propre générateur de champ spatio-temporel. Les mines sont ainsi les seules armes à naviguer hors des bulles de vaisseau répandant mort de destruction. Pour les contrer on utilise ses propres mines ou des canons laser pour les détruire.
– Le reste des armes est plus traditionnel mais requiert de se trouver en phase spatiotemporelle. Le combat se joue alors grandement dans les capacités des différents vaisseaux et de leur commandant à fusionner et séparer leurs bulles pour s’attaquer ou se défendre efficacement.
Tous ces éléments donnent à l’affrontement de vaisseau une dimension tactique et une intensité que j’ai rarement vue hormis dans le fameux Gineiden ou encore dans Tytania.

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Pour finir le dernier point tient bien sûr dans les personnages hauts en couleur qui parsèment l’œuvre, au premier rang desquels notre duo atypique entre un humain devenu noble et une princesse impériale Abh. A la base tous les oppose et pourtant c’est cette différence qui va les rapprocher. Touchants dans leur incompréhension mutuelle, j’ai pris plaisir à suivre leur évolution à travers le titre.
Mais le casting de qualité ne s‘arrête pas là et plusieurs personnages récurrents sont vraiment amusants, car par exemple l’amiral Spaurh qui malgré qu’elle soit une Abh, est une femme aussi compétente qu’elle prend plaisir à taquiner ses connaissances et qui se morfond la plupart du temps dans l’ennui. Les longs échanges avec son assistant tout au long de la campagne militaire sont pour elle l’occasion de le faire tourner en bourrique dès que possible.

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On a un peu le même cas avec l’amiral en chef Ablïarsec néïc Lamsar larth Barcœr Dusanh qui s’amuse à chercher à percer les secrets de son chef d’état-major Cenech.
L’assistant-pilote Aicrÿac est aussi un personnage intéressant, mettant en exergue tout le décalage qui peut exister entre les humains et les Abh par son incompréhension et son intérêt envers Jinto.
Mention aussi pour l’impératrice Lamagh lors de la déclaration de guerre entre l’Empire et l’Alliance dans une scène surréaliste qui met en exergue tout le pragmatisme Abh et l’incompréhension tactique des humains au travers de quelques répliques marquantes.

Bon je crois que je vais arrêter là, je semble en avoir dit énormément sur la série et pourtant je n’ai quasiment rien raconté sachant que l’anime ne couvre pourtant pas toute l’histoire de Lafiel et Jinto existant pour le moment.
Un titre qui malgré son âge plaira probablement aux fans de space-opéra et réussissant assez bien à mêler histoire personnelles et enjeux galactique de façon fluide.
A noter en plus que l’ensemble est porté par une très belle bande son bien adapté à l’ambiance, dont l’opening :
OP
Ou encore ce morceau qui me donne envie de pleurer à chaque fois :
OST

Voilà c’est tout pour cette fois.

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