Comme ceux qui me suivent auront pu le remarquer, j’ai la fâcheuse tendance à remplir des tableurs quand je m’ennuie, notamment pendant les longues phases de pannes machines au boulot. Comme j’ai pas mal de réactions quand je poste le résultat de ces heures perdues sur twitter ou discord mais que celui-ci est alors rapidement noyé dans le flux continu de messages, j’ai décidé d’en reprendre quelques-uns sans pour autant prétendre avoir la moindre compétence pour en parler 😉

Traduction : Tout ce qui suit n’engage que moi.

L’évolution des genres :

Dans cette première partie, j’ai choisi de reporter le nombre d’animes (en format séries TV uniquement) produits en fonction des catégories auxquelles ils appartiennent dans la base de données de MAL. Ainsi il est possible de visualiser l’évolution de certaines tendances aussi bien en relatif par rapport à la production globale qu’en valeur absolue. Si les erreurs d’indexation des genres sont possibles sur MAL, le grand nombre de titres concernés fait que l’influence de ces erreurs restera globalement marginale.

Nombre d’anime (relatif en %) par Tag et par année

bilan

La première observation qui ressort instantanément de ces graphiques est bien sûr l’explosion du nombre de titres produits chaque année, notamment depuis le début des années 2000 passant d’une quarantaine à plus de 200 ces dernières années. Cette variation bien qu’à pondérer par la diminution du format de diffusion ( les animes de 50+ épisodes ont presque disparus en dehors de quelques shonens, et le format 12-13 est très largement majoritaire là ou 24 était plutôt la norme il y a encore 10 ans).

On constate plusieurs cas de figures en fonction des genres :

  • Globalement les thématiques « sérieuses » notamment Militaire, Historique et Mécha sont en très forte baisse en particulier ces dernière années.
  • A l’opposé tout ce qui est Scolaire, Tranche de vie et Musical, souvent plutôt de type comique, connait une progression très importante.
  • Les genres Ecchi au début des années 2010 et Militaire au début des années 2000 ont connu une forte augmentation (effet de mode) avant d’afficher un recul notable lui aussi rapide.
  • Le genre Sport quant à lui est probablement le plus stable de ceux que j’ai regardé n’affichant pas de variation brutale même s’il se comprime.

Si on s’intéresse plus en en détails à quelques catégories, cette fois en nombre de série absolu et non plus relatifs, on peut bien visualiser ici l’explosion d’un genre « musical » peu présent jusqu’en 2005. Porté par des titres comme Macross Frontier, K-On, Idolm@aster et Love Live on est passé en quelques années de moins de 5 séries et 1 à eux films à une quinzaine de séries par ans et 4-5 films en faisant un genre très populaire notamment dans les charts de ventes japonais. Les genre bénéficie en outre d’une excellente capacité commerciale grâce aux différents CD et concert possibles au court du temps, sans compter les éventuels jeux-vidéos et figurines multiples.

Nombre d’anime absolu portant le tag Musique par année

music

Un autre genre qui explose largement en volume depuis le début des années 2000 et ce sans ambiguïté c’est bien le genre scolaire. Si vous avez une légère impression d’overdose de lycée japonais, c’est normal : c’est un fait et non une impression. On en trouve de partout là où le genre était nettement moins populaire dans les années 90. Là encore on est passé en quelques années d’une dizaine de titres à une cinquantaine chaque année.

Nombre d’anime absolu portant le tag School par année

school

A l’opposé, pour montrer à quel point l’explosion de certains genres peut donner l’impression que d’autres disparaissent alors que ce n’est pourtant pas le cas dans l’absolu : on peut se pencher sur le cas du mécha, genre ultra-populaire par le passé comme on l’as vu juste avant. On retrouve dans le détail plusieurs périodes avec des pointes à plus de 10 animes de méchas par année et ce à plusieurs périodes de l’histoire de l’animation japonaise.

Nombre d’anime absolu portant le tag Mecha par année

mecha

  • Les années phares du giant-robot et l’apparition de grandes sagas du real-robot que sont Gundam, Macross ou encore Votoms (1975-1985)
  • La première moitié des années 2000, emmené notamment par les deux cartons commerciaux de Sunrise : Gundam SEED et Code Geass, mais aussi par les très populaires Eureka 7, Gurren Lagann et Full Metal Panic.
  • Le début des années 2010 avec un certain retour en popularité des Gundam (Unicorn, Build Fighters,…), mais cette dernière période diffère un peu des deux autres par la forte présence dans le genre d’animes à base d’exosquelette et souvent plus orientés fanservice dans la veine d’un Infinite Stratos et autres dérivés, laissant la production « classique » assez basse et principalement portée par les deux studios Sunrise et Satelight.

Adaptation ou originaux ?

Un autre constat que tout le monde peut faire c’est que l’envolée du nombre de titres est portée en partie par les adaptations toujours plus nombreuses notamment de manga et de light novel (je sais plus ce que j’ai fait des datas que j’avais #shame). Mais du coup je m’étais intéressé à l’origine des animes dans un certain nombre de studios (arbitraire, même si les studios à faible volume comme White Fox, Gohands, Ufotable sont absent pour des raisons statistiques évidentes) et ce depuis début 2009 (arbitraire là aussi). Suivent donc ici les valeurs absolues et relatives de la production de ces différents studios.

Support d’origine des animes produit par différents studio (2009-2016) en valeur absolue

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Support d’origine des animes produit par différents studio (2009-2016) en valeur relative

studio2

Sur la période choisie, on voit ainsi qu’en l’espace de moins de 8 ans, six studios parmi ceux que j’ai choisis émargent à plus de 30 séries TV ce qui est assez considérable (et ce, sans compter les OAV, épisodes spéciaux et films notamment pour des studios comme Production IG ou Sunrise).

On voit assez facilement que de façon générale l’adaptation de manga reste  largement majoritaire (ce qui n’est absolument pas nouveau) avec 42% du panel. Suivent ensuite les originaux à 21.8% et les adaptations de Light Novel et autre Romans à 21.2%, les adaptations de jeux (Visual Novel Inclus) et autres supports restant sont nettement en retrait.

Néanmoins la moyenne cache des cas de figure parfois très différents d’un studio à l’autre.

  • Pour ce qui est du Light Novel, on remarque que tout le monde sauf IG apporte une nette contribution, avec la palme relative pour Kyoto Animation qui ressort à presque 50% de sa production même si en volume brut c’est bien JC Staff et A1-Pictures qui sont les plus gros pourvoyeurs du genre.
  • Pour les adaptations de manga une majorité de studios affichent une grosse proportion allant jusqu’à 60% chez Shaft et Production IG, les seuls studios adaptant  au final peu de manga sont ceux qui à l’inverse proposent le plus grand nombre d’originaux.
  • En effet pour ces derniers on trouve trois studios largement en tête sur ce créneau avec entre 45 et 60% d’orignaux avec dans l’ordre PA Works, Sunrise et Satelight (à l’opposé Deen, Madhouse et Shaft ne proposent quasiment aucun orignaux). Si dans le cas de PA Works on retrouve un vraie volonté de proposer des titres divers et variés en format original et au succès variable ( Shirobako, Glasslip, Nagi no Asakura, Kuromukuro, Charlotte…), pour les deux autres studios la réponse tient plus dans un de leur genre d’anime favori : le Mécha. En effet dans cette catégorie il y a au final assez peu de Manga-LN à succès, d’autant plus qu’on remarque si on s’intéresse à ce qui est publié qu’une bonne partie d’entre eux sont des adaptations ultérieures d’un en manga, ou un dérivé d’univers anime ce qui va totalement à l’inverse de la tendance globale du reste du marché.
  • Pour les adaptations de jeu, la majorité étant au final de l’adaptation de Visual Novel, les deux plus gros pourvoyeurs du panel restent Deen (et ça date de bien avant 2009 d’ailleurs) et A1.

On voit au final que parmi les plus gros studios (choisis ici) seul Sunrise suit une tendance différente des autres, porté notamment par un héritage historique (Gundam) qui lui permet de vivre sur un modèle un peu différent des autres, les spécificités propres à certains studios apparaissent plus quand on prend le cas de studios à la production plus faible en volume (Satelight, PA, Kyoani,…).

Pour aller un peu plus loin, récemment j’ai regardé l’origine des titres produits sur une année par intervalle de dix ans (en attendant éventuellement de le faire un jour année par années) histoire de mettre en avant le fait que la variation des supports d’origine n’a pas varié autant qu’on pourrait en avoir l’impression.

Le support Manga est toujours resté le numéro un assez largement, de même que les originaux restant la seconde source de productions d’animes. Un bémol toutefois sur les originaux : la proportion reste importante mais il est important de noter qu’une partie importante de ces titres sont des formats courts, moins coûteux et risqué à financer, le grosses productions originales sont elles plutôt en replis.

Si le Light Novel est aujourd’hui plus présent sur la dernière décennie, son augmentation n’est pas fondamentalement plus rapide que la croissance du marché et s’effectue plus au détriment des romans au sein de la même catégorie qu’au détriment des autres genres.

La seule évolution notable est plus à trouver au niveau des jeux vidéos et Visual-Novel, mais l’explication en est assez simple : le progrès technique apporté notamment au moment de l’introduction du support CD-Rom qui a permis de proposer des jeux avec des histoires et des univers de plus en plus complexes et immersifs voire inclure eux-même des séquences animées.

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Nombre de simulcasts FR

L’autre jour j’avais une discussion sur le rapport de force des trois principaux diffuseurs d’animes via Streaming chez nous depuis l’arrivée de Crunchyroll et du coup… j’ai fait ça (je n’ai pas pris en compte les quelques autres diffusions existantes comme Netflix  et Amazon puisque ce n’était pas l’objet de notre débat du moment et que leur contribution est marginale) :

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Le simulcast est toujours un motif de débat passionné sur Twitter où la cote de sympathie de CR auprès du public spécialisé est au plus haut (pour de bonnes raisons il faut le reconnaître) au point que ce dernier redécouvre des fois avec surprise que (malheureusement) auprès du public généraliste elle reste encore la plateforme globalement la moins connues des trois malgré ses gros efforts. De la même façon d’ailleurs on a tendance à vite oublier qu’une bonne proportion de consommateurs d’animes refusent purement et simplement de donner le moindre euro pour son loisir et ce indépendamment des ressources disponibles de ces personnes même si on a vu un évolution positives ces dernières années.

De manière globale on pourrait qualifier l’arrivée de CR de second impact du marché qui jusqu’alors se limitait aux tentatives de trouver un modèle pérenne chez Dybex et la popularité grandissante du simulcast chez Wakanim poussé par la double vague SAO, SNK. On passe alors en effet en l’espace de deux saisons de 10% d’animes licenciés par rapport au total japonais à 50% de la production.

En effet après une saison de lancement, CR va proposer en moyenne plus de 15 animes par saison, allant jusqu’à 30 désormais (allant des titres de niche du début à grosses licences plus solides), et si de son côté Wakanim va quant à lui rester sur une offre plus ciblé de titres au potentiel commercial plus fort oscillant vers 5-7 animes, c’est ADN qui va augmenter notablement son total de titres à partir de 2015 et surtout enfin gagner en notoriété avec la diffusion successive de OPM et MHA, deux titres au fort succès commercial en France. Cependant il est à noter que durant les dernière saison la machine semble être grippée du côté d’ADN avec une baisse très nette des nouveaux simulcasts.

Au final avec l’importante concurrence que se livrent les trois plateformes (cinq en comptant les deux généralistes américaines) désormais toutes adossées à des groupe japonais de façon directe ou indirecte c’est plus des trois quarts de la production de saison qu’on retrouve chez nous par leur biais même si cela n’empêche pas certaines licences rester sur le bas-côté de façon surprenante parfois (cf Amanchu, Konosuba,…).

vod

Pour aller un peu plus loin dans les débats, j’ai récemment listé le nombre de franchises disponibles chez les différents acteurs de la VOD de l’animation en France. Quand je dit franchise c’est pour souligner que je compte les différentes saisons d’un même titre comme une seule et unique série. On voit tout de suite le chemin parcouru par Crunchyroll avec un catalogue assez pléthorique rempli en moins de quatre ans. A l’inverse les très nombreuses pertes de licences se produisant chez ADN depuis des années sape le totale de la plateforme qui tend à stagner.

Si on compte cette fois-çi en terme de volume, donc en nombre d’épisodes, cette fois c’est ADN qui reste premier notamment par la présence de nombreuses séries très volumineuses au catalogue comme Bleach, Naruto ou encore une partie des Détective Conan. A l’heure actuelle c’est aussi le seul des trois éditeurs à proposer des titres provenant de diverses époques et l’éditeurs possédant pour le moment le plus de films.

episodes

Bonus : ma propre consommation

Rien à voir avec le reste, mais par curiosité j’ai pris la totalité des animes présents dans mon Anime List (en excluant les animes abandonnés en cours de route) et je me suis amusé à regarder le lieu d’origine où j’ai pu les visionner.

Comme beaucoup j’ai commencé dans l’illégalité la plus totale (de toute façon vu l’offre disponible), je suis abonné chez ADN depuis mai 2012, CR depuis son lancement en 2013 et je suis Wakanim depuis décembre 2012

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J’ai fait le graphique en deux versions, en nombre de série et en durée par curiosité là encore (version mise à jour en Février 2017).

Premier constat, depuis plus de deux ans, la part  est passée sous le seuil des 50% pour les deux catégories, mettant en évidence le fait que désormais une grande majorité de ce qui est produit au Japon est disponible facilement et légalement  chez nous. Saison après saison la part relative des trois diffuseurs de simulcast grossit donc dans mon total ce que je considère comme une excellente nouvelle. Si cette partie grise est nettement plus grosse en temps qu’en nombre de séries, c’est lié à la diminution de format des animes récents, par le passé le format moyen était plus long 24-39-50 épisodes alors que maintenant 12-24, d’autant plus que dans cette masse de gris se cache un énorme morceau portant le nom de Gundam avec de multiples séries longues.

Dans la part consacrée aux éditeurs de simulcasts, la part de Crunchyroll est celle qui croit le plus rapidement, dépassant désormais Wakanim en nombre (mais pas encore en temps) . De son côté ADN caracole toujours très largement en tête avec autant de visionnage que les deux autres réunis cumulant un nombre de simulcast plutôt importants bien qu’en retrait avec un fond de catalogue historique conséquent même si gros bémol : on pourra ajouter qu’une partie non-négligeable des titres que j’ai vu sur ADN ne sont PLUS disponibles au moment où j’écris ces lignes.

Le reste des contributions est assez anecdotique, achetant par exemple assez peu de physique en général et principalement des films et OAV non-disponible en VOD, principalement lors de Japan-Expo.

Cet article hétéroclite et pas vraiment passionnant était sponsorisé par nos deux fournisseurs officiel Glandouille et Ennui.

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