Comme tous ceux qui me connaissent un tout petit peu le savent : j’aime beaucoup en général tout ce qui touche de près ou de loin aux méchas, que ça soit dans les animes ou dans les jeux d’ailleurs. Si j’ai déjà parlé dans les grandes largeurs de deux sagas que je considère majeures dans le genre avec Gundam et Macross, il n’en reste pas moins à côté une multitude de titres autres plus ou moins variés comme de célébrissime Evangelion ou le médiéval Escaflowne.
C’est d’un titre dans la veine du premier dont je vais parler aujourd’hui, celle des animes plein de considérations ésotériques, mystiques et psychologiques dont les trois titres qui me viennent directement à l’esprit sont donc Evangelion, Raxhephon et Soukyuu no Fafner.
Ce dernier est d’ailleurs un des premiers animes du genre que j’ai regardé après Gundam SEED, Gundam Wing et Code Geass et après l’avoir revu il me tenait à cœur d’en parler un peu.

La première saison de Soukyuu no Fafner intitulée : Soukyuu no Fafner : Dead Aggressor est une série de 26 épisodes diffusés en 2004 par le studio Xebec (Yamato 2199, Heroic Age, Pandora Hearts, …).

L’Histoire de Fafner commence en 2146 sur la petit ile paisible de Tatsumiya, les habitants vaquent tranquillement à leur occupations et on y découvre une bande d’adolescents qui seront les personnages principaux, parmi lequel Makabe Kazuki, Maya Tomi ou encore Sakura Kaname. Ces jeunes vont au lycée comme tous jeunes japonais vus dans des tas d’animes et rien ne semble différencier leur vie de celles d’insulaires normaux, une partie d’entre eux d’ailleurs s’imaginent quitter l’île pour vivre à Tokyo plus tard… Sauf que tout ceci n’est qu’une chimère et une illusion crée par les adultes pour maintenir un cadre de vie paisible aux enfants…et ceci le fils du chef de l’ile, Minashiro Soshi, vient de le découvrir alors qu’il rentre d’un voyage à l’extérieur de l’’ile.
Les autres vont rapidement être ramené à la réalité…en effet peu de temps après, un Festum, créature extraterrestre au corps principalement constitué de silicium et doté de puissants pouvoirs, attaque l’île qui se transforme alors en véritable citadelle de combat : batteries de missiles, mitrailleuses lourdes, drones et cloisons blindées surgissent de partout alors que la population évacue vers des abris. Cependant les armes conventionnelles sont peu efficaces pour détruire les Festums et de nombreux habitants trouvent la mort. Le commandant décide alors d’envoyer leur atout au combat : le robot de combat Fafner Mark Elf, mécha alliant technologie humaines et attributs des Festums. Le pilote est cependant tué durant son transfert et c’est finalement Kazuki qui va prendre sa place, guidé par Soshi grâce au système de communication télépathique Siegfried.
Kazuki parvient à tuer le Festum non sans que le commandant Minashiro, père de Soshi ne trouve la mort. Il est alors remplacé par le père de Kazuki et les jeunes de l’île découvrent alors progressivement la terrible vérité que leur cachaient les adultes :

Il y a plus de trente ans, les Festums arrivés de l’espace ont envahis la Terre et dévasté une bonne partie de celle-ci…le Japon lui-même a été entièrement détruit et sa population contaminé et rendue stérile. Les survivants cherchant à échapper autant aux Festums qu’aux autres humains, prirent la fuite en construisant de vastes îles mobiles et occultables (3) et en tentant de se servir des connaissances acquises sur les Festums : le projet Arcadia.
A partir de là va s’ouvrir un long et difficile chemin pour les habitants de l’île et notamment le groupe d’adolescent qui va se voir contraint de piloter les différents Fafner avec les terribles conséquences que cela va impliquer sur leur condition physique et mentale, car seuls les jeunes possédant dans leurs gênes un facteur spécifique aux Festums (inséré par manipulations génétiques) parviennent à faire bouger les monstres mécaniques.
Plusieurs visions du monde vont alors s’affronter avec des divisions à la fois du côté des humains entre les Nation-Unies adeptes de la destruction systématique et peu regardante sur les moyens et les habitants de l’île plutôt adepte de la cohabitation, mais aussi du côté des Festums, en effet au fur et à mesure de leurs contacts avec les humains notamment via leur assimilation, certains d’entre eux se mettent à évoluer les rendant soit plus pacifiques, soit plus agressifs. En effet le conflit entre les deux races est surtout basé sur une trop grande différence conceptuelle entre elles que sur tout notion d’intérêt ou d’expansion comme souvent dans ce genre d’histoires. C’est d’ailleurs cette opposition conceptuelle qui rend l’ensemble si ésotérique par moment et du coup soit attirant, soit rebutant en fonction des affinités de chacun.

La série possède donc ainsi plusieurs points forts mais aussi plusieurs points faibles et aborde plusieurs thématiques de manière récurrente, dont la mort. En effet sans vraiment spoiler je peux dire que dans cet anime un grand nombre de personnages trouvent la mort, même parmi les personnages de premier plan mettant encore plus en avant cette ambiance de lutte désespérée pour la survie qui parcourt l’ensemble de la saga. Dans les points forts, outre le scénario touffu et complexe (qui pourra être un point faible pour certains), on retrouve toute la partie sonore, aussi bien les OP/ED et insert songs du groupe Angela (c’est sur ce titre que j’ai commencé à m’intéresser au groupe d’ailleurs) que sur l’OST qui tombe toujours à propos et apporte un réel plus avec ses nombreux morceaux à forte composantes de piano, de percussions, des voix ou de cuivres suivant les cas de figure dont j’ai mis quelques exemples :




La musique nous accompagne ainsi toujours que ça soit dans l’urgence, dans la violence que dans l’espoir ou la tristesse. Visuellement pour l’avoir revue très récemment dans sa version HD je peux dire que pour un anime de 2004 ça a plutôt très bien vieilli est c’est plutôt du bon niveau, seul le chara-design pourra gêner certains détracteurs du style de Hirai Hisashi (Gundam Seed, Heroic Age, Ginga Kikoutai Majestic Prince). La galerie de personnage d’ailleurs est à mon sens plutôt bonne, on retrouve certes quelques clichés mais tous les personnages sont mis en avant de manière plutôt positive et ont leur moment de gloire (parfois funeste). Il est d’ailleurs à noter que malgré une forte proportion de personnages féminins il y a une quasi-absence de toute scène de fan-service (une scène de bain en 26 épisodes je crois que c’est tout ce que vous aurez dans le genre). Le design des ennemis peut être dérangeant pour certains mais je pense que l’effet est totalement voulu pour souligner leur inadéquation avec les humains et leur étrangeté.

Cette saga suit d’ailleurs un rythme d’évolution assez étrange, car si la première série a une fin temporaire, la situation globale n’est en rien résolue…et après un OAV d’une heure prequelle en 2005 (Soukyuu no Fafner : Right of Left), c’est en 2010 que parait la suite des aventure de Kazuki et Soshi avec le filme Soukyuu no Fafner : Heaven and Earth qui reprend directement la suite de la première série avec un délai entre les deux de deux ans.

Là encore le film se termine sur une fin non définitive et on doit à nouveau attendre cinq années avant de voir Xebec revenir à nouveau sur la série avec Soukyuu no Fafner: Dead Aggressor – Exodus.

Il est difficile de dire quelque chose de précis sur ces deux suites sans vraiment spoil la première donc je me contenterais de dire que les trois titres s’enchainent parfaitement d’un point de vue scénaristique avec les même personnages à l’intérieur et pratiquement les même équipes pour s’en occuper à la réalisation ce qui permet une grande fidélité d’une saison sur l’autre, même pour tout ce qui est chanson on continue de retrouver exclusivement du Angela dans les trois opus.
Je peux juste dire qu’à la fin d’Exodus, l’histoire ne semble toujours pas toucher à sa conclusion finale et que je ne serais qu’à moitié surpris de voir en 2020 la conclusion de ce titre.

Pour conclure, malgré ses aspects visuellement plutôt accueillants, Fafner est une série difficile traitant principalement de la survie de l’humanité, de l’incompréhension de l’étranger et de la mort. Bien qu’on retrouve régulièrement la sourire au travers de moment de vie joyeux de temps à autres, le désespoir, la douleur et la frustration mais aussi la colère sont les principaux moteurs de cet anime qui se veut (trop ?) complexe et sérieux.

NB : Vous aurez noté au passage l’utilisation d’un grand nombre de termes lié à la mythologie nordique et/ou germanique pour tout ce qui touche à la technologie de l’île : Fafner (Fafnir), Brunhilde, Fenrir, Siegfried, Niebelung et tout un tas d’autres.

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