Aujourd’hui je reviens sur la sortie manga qui m’a le plus marqué durant l’année 2015 : Area 51 de Masato Hisa dans la collection Sakka de l’éditeur Casterman. Attachez bien votre ceinture ça risque de décoiffer un peu.

n012L’Area 51 est une ville secrète sous la juridiction de l’armée américaine, toutes les créatures surnaturelles et/ou divines y sont transférées et sont contraintes d’y vivre pour ne pas troubler la vie des humaines normaux. Et autant dire que l’auteur de la série Masato Hisa n’y va pas de main morte sur le bestiaire et les panthéons qu’il utilise ici pour peupler la cité : divinités grecques, égyptiennes, aztèques, japonaises, yokaïs japonais, héros de conte de fée, nains, elfes, monstres mythologique, …tout y passe dans le désordre le plus total. Dès à présent pendant que j’y pense je tiens à saluer le travail de traduction et surtout d’adaptation sur ce titre qui ne doit franchement pas être de la tarte vu la foultitude de références en tout genre. Area 51 c’est la ville de fou où vous pouvez trinquer au bar avec Amaterasu avant d’aller faire réparer votre télévision chez Zeus tout en regardant un kappa faire ses course…comme disait l’autre : this is madness !

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Au milieu de ce qu’il convient d’appeler un merdier ambulant que l’armée ne chapote que de loin pour éviter les problèmes, on trouve l’héroïne du titre Tokuko Mc Coy, humaine d’origine japonaise au passé trouble et qui tient une agence de détective dans le quartier japonais de la ville. Armé de son fidèle colt elle écume la ville pour résoudre les affaires de ses clients, ce qui l’amène bien souvent à faire parler les armes et à risquer sa vie.
L’action du manga est d’ailleurs rythmée par ces différentes affaires où se mêlent de

façon surprenant et agréable : action débridée, humour, noirceur et une vision très personnelle de certains mythes et contes (outre les histoires de divinités on peut par exemple croiser Blanche-Neige ou le Père-Noel, sisi je vous jure). Si les affaires n’ont à première vue pas grand-chose à voir l’une avec l’autre, le titre n’en suit pas moins une trame principale axée sur le passé de Mc Coy qui n’est pas arrivée dans cette ville peu adaptée aux humains par hasard.

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D’un point de vue graphique, le premier mot me venant à l’esprit est : puissant ! Pour le moment la qualité et le style de Hisa en fait, en terme de dessin, le troisième membre de mon top 3 avec la violence du trarea-51-7013545ait de Kentaro Miura de Berserk et le raffinement de celui de Kaoru Mori dans Bride Stories (dont j’ai déjà parlé ici et ). Dans un style plutôt occidental et utilisant uniquement un contraste de noir et blanc à la place des habituelles trames de gris, les dessins d’Area 51 font partie de ceux qu’on oublie pas ! Pour ceux qui s’y connaissent mieux que moi, le style de Masato Hisa est fortement influencé par celui de Frank Miller et l’ambiance d’Area 51 pourrait par moment rappeler celle d’un Sin City. Il est à noter que d’un point de vue édition, si le tome peut paraitre un peu cher à certains, en terme de qualité il fait partie de ce que j’ai de plus beau dans ma collection pour le moment.

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La série compte actuellement 11 tomes en cours au Japon et le 6ème vient juste de sortir en France. N’hésitez plus et plongez dans les bas-fonds de la ville la plus glauque et la plus folle des Etats-Unis !

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