9782290330784 (1)En cette froide journée de Décembre après avoir longuement hésité entre plusieurs idées, j’ai décidé pour la première fois de parler d’un roman dans sa forme la plus classique et qui plus est, co-écrit par deux américains même si l’univers qui y est décrit est une sorte de japon médiéval fantastique.

Le premier des deux auteurs est de loin le plus connu des amateurs de Fantasy car il a écrit un grand nombre de romans sous forme de cycles qui se déroulent dans un seul et unique univers médiéval fantastique : cet homme c’est Raymond Elias Feist. Le premier cycle de son œuvre est probablement le plus connu est La guerre de la Faille, plus connu sous le nom des Chroniques de Krondor. Dans cette œuvre on suit les aventures de Pug un apprenti magicien et de son ami Thomas dans le royaume de Krondor situé sur Midkemia et engagé dans une guerre féroce contre un envahisseur inconnu venu d’un autre monde Kelawan via un portail magique. Profitant de la confusion, la race des hommes serpent Panthatian cherchent à faire renaitre leur déesse mère issue du peuple tout puissant des Valherus qui dominait le monde à une époque lointaine. Les forces de Krondor aidées de nos deux héros vont lutter contre tous ces ennemis de façon à sauver le royaume.midkemia

Suite à ce très bon cycle, Feist en écrira d’autres, ayant toutes un lien plus ou moins direct avec les évènements se déroulant dans la guerre de la faille. On y retrouve de nombreux classiques des titres du genre avec des guerres, des complots, de la magie, des voyages et tout ce qui fait l’attrait du genre. S’il ne s’agit pas de l’univers de fiction le plus connu, l’œuvre de Feist basée autour de la création du monde de Midkemia regroupe plus de trente ans d’écriture entre Magicien en 1982 et la fin du magicien en 2013 avec pas moins de trente romans. Il faudrait des heures et des pages pour parler de tout ce qui compose cette œuvre pléthorique et je ne serais même pas le mieux placé dans la mesure où je n’ai lu qu’une vingtaine de titres environ et certains il y a fort longtemps.

Non je vais seulement parler du second cycle à avoir été publié, avec l’aide ici de Janny Wurts qui est à la fois écrivain, illustratrice et peintre. Ses deux œuvres les plus connues sont la série Les guerres de l’ombre et de la lumière et le titre dont je parle aujourd’hui : La trilogie de l’Empire.

Publiée entre 1987 et 1992 aux Etats-Unis, la Trilogie de l’Empire se déroule exclusivement sur le monde de Kelawan durant la guerre de la faille évoquée précédemment. Une des principales nations de ce monde très pauvre en métaux est l’empire Tsuranuanni inspiré du Japon médiéval. En effet, on retrouve un Empereur (La Lumière du Ciel) au pouvoir tout ce qu’il y a de plus symbolique, le pouvoir du pays étant dans les mains du Seigneur de Guerre (équivalent du Shogun japonais) qui est désigné par un conseil réunissant les grandes familles de l’empire réparties en différents clans. Chaque clan et chaque famille possèdent ses propres orientations qu’il applique sur ses terres et il n’est pas rare d’assister à des conflits violents entre certaines maisons. Comme dans le Japon féodal on retrouve une très grande importance des règles et de l’honneur.

kelewan

Dans cette œuvre on suit en l’occurrence une famille bien particulière celle des Acoma et son héritière Mara. La famille des Acoma (dont la couleur est le vert) est une famille de second rang ancienne et respectable de l’empire. Si des tensions historiques restent avec la maison puissante des Anasati, c’est la très puissante famille Minwanabi qui va tenter de la détruire en profitant de la guerre de la faille. En effet, le père de Mara et son fils mènent les troupes Acoma dans l’armée impériale qui tente d’envahir le royaume de Krondor sur le monde de Midkemia grâce au portail ouvert par les mages de l’empire. Le commandant en chef des troupes, un membre de la famille Minwanabi va s’arranger pour envoyer les troupes Acoma dans un piège et la plupart d’entre elles vont se faire détruire incluant le père et le frère de Mara. Lorsque la nouvelle atteint cette dernière sur Kelawan, elle est sur le point de devenir prêtresse, mais la cérémonie est annulée au dernier moment par les messagers : elle est désormais l’unique héritière de la maison Acoma et doit en prendre la tête. La mort du plus gros des troupes affiliée à la famille laissent Mara à la tête d’une maison exsangue, et dès son arrivée elle manque d’être assassinée.PAIR-DE-L-EMPIRE
A parti de là nous allons suivre sa longue lutte pour sa propre survie et celle de sa dynastie au court des trois tomes. Dans le premier elle va chercher à repousser la menace omniprésente de Minwanabi en obtenant diverses alliances notamment avec la maison rivale des Anasati est avec la race des fourmis géantes Cho-Ja et en renforçant ses troupes par des moyens non conventionnels.

DEBUT SPOIL : A la fin de ce premier tome la stabilité et la force des Acoma est alors restaurée au niveau de ce qu’elle était par le passé…mais la lutte à mort contre les Minwanabi fait toujours rage.
Par la suite dans le second tome le combat de Mara va s’étendre à l’échelle de l’empire tout entier jusqu’à ce qu’elle parvienne à la fois à détruire son adversaire et installer l’Empereur en maitre à la place du Seigneur de Guerre. Mara devient une des personnes les plus puissantes de tout l’Empire.
Dans le dernier tome, les complots deviennent plus violents que jamais avec la mort de l’Empereur et l’implication des mages de l’Empire habituellement neutres. Mara va alors jouer son va-tout trouvant de nouveaux alliés inédits et tentant d’installer son fils sur le trône de l’empereur en s’opposant à la fois aux mages et à une grande coalition menée par ses rivaux Anasati.
FIN SPOIL1102-empire3_org

En résumé la trilogie de l’Empire c’est l’ascension au pouvoir d’une femme que rien en désignait comme un concurrent sérieux à l’intérieur de l’Empire. En exploitant habilement les us et coutumes très rigides des Tsuranis et en n’hésitant pas à les enfreindre de plus en plus au fil du temps à l’opposé de ses ennemis, elle fait preuve d’un courage remarquable en de nombreuses occasions. Bien qu’il s’agisse d’un titre d’héroic-fantasy, cette œuvre fait la part belle aux intrigues de cour, à l’espionnage, la corruption et l’assassinant plus qu’aux beaux combats et aux grandes batailles. Pour comparer avec une série bien plus connue, il s’agit presque d’une version courte (et antérieure) de Game of Thrones version japanisée et ne suivant qu’une unique maison au fil de ses hauts et ses bas. C’est d’ailleurs la seule série de romans que j’ai emportée dans tous les lieux où j’ai habité ces dix dernières années d’ailleurs.

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