Il est de ces œuvres qui sortent parfois avec un timing malheureux mais qui rend leur85a775bcd6772d9c224890d79073532b_1386289530_large message d’autant plus marquant et troublant le message qu’il veut faire passer. C’est un peu le cas de Coppelion.

A l’origine Coppelion est un manga d’anticipation publié à partir de 2008 par Tomonori Inoue dans le Young Magazine et qui compte 19 tomes en cours au Japon publiés chez Kodansha. Je vais d’ailleurs principalement parler de la version anime ici puisque la version manga n’a jamais passée les frontières de l’Archipel et que je ne lis pas le japonais.

coppelion-1934317En 2016, la toute nouvelle et révolutionnaire centrale nucléaire d’Odaiba près de Tokyo entre dans un processus de fusion interne incontrôlée : la catastrophe nucléaire est alors inévitable et de grande ampleur. Le gouvernement est obligé de décréter l’évacuation de l’ensemble de l’agglomération Tokyoïte avec toutes les conséquence que cela implique de déplacer environ vingt-cinq millions de personnes. Vingt ans plus tard, la ville qui continue d’être irradié est donc déserte et interdite d’accès mais un signal de détresse est capté… Les Forces d’Auto-Défense décident alors d’envoyer une équipe de trois jeunes filles investiguer dans les lieux. Pourquoi elles ? Car elle sont issues de manipulations génétiques pratiquées après la catastrophe visant à créer des humains immunisé contre les effets létaux des radiations. Leur mission identifier la source du signal et secourir les éventuels survivants. Et de façon surprenante elles vont en croiser plus que prévus et pas toujours des mieux attentionnés, qu’est-ce qui se trame en souterrain dans cette ville morte ?

Pour revenir à l’histoire du timing, si je vous dis que la série a commencé à être adapté en anime fin 2010, au printemps 2011 survenait le Tsunami meurtrier engendrant la catastrophe nucléaire de Fukushima. La production de la série sera alors suspendue et il sortira seulement lors de la saison d’automne 2013. Produite par le studio GoHand ( Mardock Scramble, K) elle a été diffusée durant 13 épisodes en France via Anime Digital Network et la chaîne Manga. L’opening et l’ending sont du groupe Angela dont j’ai déjà parlé auparavant ici-même.

Alors certes cette série est loin d’être parfaite et les personnages sont parfois peu intéressants mais cette œuvre possède de nombreuses qualités néanmoins. Déjà son style graphique et son ambiance : la réalisation plutôt soignée rend particulièrement bien le sentiment d’abandon engendré par la catastrophe et l’immensité de cette ville totalement vide. Ensuite un autre aspect vraiment intéressant réside dans l’interaction des différents personnages qu’ils soient survivants ou non. Parmi ceux-ci par exemple on retrouve ceux qui luttent juste pour survivre, ceux qui vivent dans les remords et les regrets où ceux qui rêvent de vengeance (mais je n’en dis pas plus pour pas trop spoil ). On a aussi les nombreux états d’âme des Coppelions elles-mêmes, enfants issues de la technologie n’ayant donc pas vraiment de parents et dont l’humanité peut se retrouver mise en question par moment, quelle est vraiment la place de ces adolescentes dans la société. Et je ne parle pas du comportement des compagnies étrangères qui tentent de profiter de la situation où des tractations politiques sous-jacentes.

En bref Coppelion est une œuvre imparfaite et trop courte (dans sa version anime) mais qui a le mérite de mettre en avant de sujets complexes et cruciaux comme l’utilisation du nucléaire, son exploitation par des compagnie privée, les manipulations génétiques sur les humains et les problèmes éthiques qui en découlent… L’anime étant bien rythmé et plutôt joli je ne peux donc que le recommander à tous ceux qui ont trouvé un minimum d’intérêt à ce que j’ai raconté jusque-ici.

Pour l’anecdote, le titre Coppelion qui est donnée aux adolescent crées par manipulation génétiques vient de l’opéra Coppélia lui-même inspiré du livre d’Hoffmann : L’homme au sable, dont l’intrigue parle d’automates à qui on essaye de donner un âme. Ce parallèle met en avant une des question récurrente de l’œuvre qui est l’humanité où nom des Coppelions.

La note du Boiteux : 72% L’animation au service d’un sujet sensible

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